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Inégalités et fractures sociales

Contrairement au discours officiel, l’équipement systématique de chaque élève n'est pas un gage d'égalité. Pour RUNE Fribourg, cette stratégie ignore les réalités sociologiques et risque de pénaliser davantage les élèves les plus fragiles en transformant l'école en un lieu de consommation technique plutôt que d'apprentissage humain.

L’illusion de la « tablette magique »

L'équipement matériel n'est pas le principal facteur d'inégalité.

  • Un accès déjà généralisé : Comme le montrent les travaux de l'anthropologue Pascal Plantard, les élèves issus de milieux défavorisés ont souvent un accès plus précoce et moins régulé aux écrans dans leur chambre. Fournir une machine supplémentaire ne comble aucun manque réel.

  • Le primat de l'humain : Le rapport PISA de l'OCDE est formel : plus on transfère la charge pédagogique de l'humain vers la machine, plus les résultats chutent et plus les inégalités sociales se creusent. L'autonomie face à l'écran est un luxe que tous les enfants ne possèdent pas.

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Une standardisation qui ignore la différence

Le projet cantonal propose une solution unique pour des besoins pluriels, au détriment de l'enseignement spécialisé.

  • Éducation spécialisée négligée : Ce plan standardisé ne répond pas aux besoins spécifiques des élèves en difficulté, qui exigent une approche centrée sur la relation humaine et non sur l'interface numérique.

  • Redondance des mesures : Les élèves ayant des besoins particuliers bénéficient déjà, par les mesures de compensation des désavantages, du matériel nécessaire. L'équipement universel noie ces aides ciblées dans une masse technologique inutile.

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La fracture des usages : le rôle déterminant du foyer

Les inégalités ne portent plus sur l'accès à l'outil, mais sur la capacité à l'utiliser de manière saine et raisonnée.

  • Le poids du cadre parental : En augmentant le temps passé devant l'ordinateur, notamment pour les devoirs, le projet renforce l'influence du milieu familial sur la réussite. Les enfants bénéficiant d'un encadrement fort seront favorisés, tandis que les autres seront livrés à la captation attentionnelle des écrans.

  • Risques pour la santé : Le neuroscientifique Michel Desmurget rappelle que la consommation numérique excessive est un facteur de risque pour le TDAH et les troubles du langage. Le numérique à l'école impose cette exposition à tous, sans distinction de vulnérabilité biologique ou sociale.

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Un frein au développement cognitif

Le passage au « tout numérique » impose des contraintes physiologiques contraires à l'apprentissage :

  • Sommeil et mémorisation : L'interaction entre la lumière bleue et la mélatonine réduit le temps de sommeil, pilier fondamental de la mémorisation et de la régulation émotionnelle.

  • Échec de l'apprentissage passif : Pour les fondamentaux (grammaire, syntaxe), l'exposition audiovisuelle ne remplace jamais l'interaction verbale et sociale.

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